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UN APPEL SYNDICAL

Un appel de la FGTB Wallonne !

La FGTB wallonne relance PS, Ecolo et PTB pour une alliance gauche-verte en 2019

   

 PAR DAVID COPPI

Un nouveau cycle de rencontres aura lieu en janvier, avec, en toile de fond, l’idée d’une alliance gauche-verte en 2019.

Thierry Bodson (FGTB) : « Les travailleurs ne comprendraient pas... »

Thierry Bodson (FGTB) : « Les travailleurs ne comprendraient pas... »

Soyons justes : aucune alliance préélectorale n’est à l’ordre du jour. Et ne verra le jour avant 2019. A fortiori, aucun programme commun. De quoi s’agit-il alors ? D’une série de rencontres entre l’état-major de la FGTB wallonne et des délégations « de haut niveau » du PS, d’Ecolo et du PTB. Ni plus ni moins. Ce n’est pas rien.

Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne, avait pris l’initiative à la rentrée, programmant trois longues séances de travail, avec le PS (le 4 septembre), le PTB (28 septembre) et Ecolo (3 octobre). Lesquelles ont donné lieu à des échanges de vues en toute discrétion et plein champ, à propos des revendications de l’organisation syndicale, sans oublier la toile de fond : une hypothétique coalition gauche-verte…

Thierry Bodson tient ce langage depuis quelques semaines : « Si les résultats en 2019 devaient, arithmétiquement, permettre d’envisager la constitution d’une coalition majoritaire associant PS, Ecolo et PTB, les travailleurs, je peux en témoigner, ne comprendraient pas que ces trois partis, au lendemain du scrutin, au moins ne se parlent pas et n’essaient pas de composer ensemble un gouvernement »

Une analyse brute de décoffrage et très wallonne, puisque c’est au sud du pays, en tout cas au vu des sondages, que l’addition des scores obtenus par les trois formations semble pouvoir dépasser la barre des 50 % des suffrages. Pure fiction, à ce stade. Mais une fiction dont on n’a pas fini de parler. Car, d’après nos informations, la FGTB wallonne n’en reste pas là : il y aura un deuxième cycle de rencontres. Qui auront lieu en janvier. Du moins si PS, PTB et Ecolo acceptent de se prêter à l’exercice (le premier qui dit non héritera du valet noir à gauche…) : débattre du cahier de revendications syndical (en vue du congrès de la FGTB, en mai 2018), là toujours avec notre hypothétique toile de fond gauche-verte.

Changement de ton au PTB

Faut-il préciser que le chemin – s’il y en a un – est jalonné d’obstacles, de préventions, d’antagonismes et de rivalités ? Si l’on devait résumer à gros traits… L’idée de pactiser avec le PTB hérisse beaucoup de monde dans le camp socialiste, et, plus largement, pétrifie un électorat démocrate-progressiste, certainement côté écologiste, qui tient avant tout le parti ex-maoïste pour une organisation totalitaire. En sens inverse, l’idée de pactiser avec le PS, les « sociaux-traîtres » comme ils les appellent depuis toujours, traumatise certains milieux à l’extrême gauche, hostiles presque tout autant à quelque alliance molle avec des verts très éloignés idéologiquement. Bref, ce n’est pas gagné. Des mondes séparent PS, Ecolo et PTB. Qui se disputent une tranche de l’électorat francophone, et dont les stratégies respectives visent surtout à faire gagner son camp contre les autres. Une compétition. La quadrature du cercle…

Tout n’est pas fermé pour autant. Car, malgré tout, l’hypothèse de composer une majorité alternative d’un nouveau type – un peu à la portugaise, un îlot en Europe – ne laisse pas insensible à gauche de manière générale, où d’aucuns voient des « convergences possibles ». Quoi qu’il en soit, elle est typiquement du genre à attiser le débat.

Un débat mort-né dès lors que le PTB dit refuser de participer au pouvoir avant longtemps ? De fait.

Sauf que c’est un peu plus compliqué que cela… Car, contacté par nos soins, Raoul Hedebouw nous déclare ceci en guise, dit-il, de « mise au point »  : « Le but du PTB est de participer à un gouvernement. Nous n’avons pas pour vocation de rester dans l’opposition. Nous sommes un parti qui veut prendre part à une majorité politique »

Un gouvernement « de rupture »

C’est nouveau, ça vient de sortir. On vient de loin, en l’occurrence d’un PTB qui, selon les messages expédiés jusqu’à présent, n’entendait pas gouverner… avant 10 ou 15 ans. Raoul Hedebouw rompt la glace. Même si dans la foulée, il maintient intactes ses exigences de fond : « Mais nous ne participerons pas à un gouvernement qui ne serait pas de rupture, qui ne mettrait pas fin aux politiques d’austérité que les traités européens organisent ; nous ne trahirons pas nos principes, et cela, tous les militants nous le demandent, en fait tous les gens que nous rencontrons. » C’est dit. Reste la « mise au point ». Ce n’est pas un tournant, c’est un changement de ton.

Un changement de ton qui fut perceptible aussi dans les échanges, à Namur, avec les représentants de la FGTB wallonne. De quoi alimenter les discussions avant le deuxième tour de rencontres entre FGTB, PS, PTB et Ecolo en janvier

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